La montagne, mon père

Lorsque je suis née , la montagne existait déjà
Elle était là depuis des années
Elle était grande, forte et belle
Dès que j'ai su marcher, je me suis précipitée tout en haut...
Depuis le sommet, la vue était imprenable.

Avec les années , force est de constater que je me suis lassée de grimper.
Je l'observe d'en bas.
Un matin, quelques flocons de neige se sont déposés sur le plus haut rocher, 
se transformant progressivement en un manteau neigeux
Cela lui donne un air sage, éternel, intouchable.

Et je m'habitue, la vue devient normale...
A force d'être là, il m'arrive de ne plus l'admirer.
Elle fait partie du paysage
Et quand je regarde par la fenêtre
Évidemment la montagne n'a pas bougé

Puis un jour, quelques rochers se décrochent
La montagne ne semble pas beaucoup ébranlée
Jusqu'au moment où les pierres arrivent à mes pieds.
Je ressens alors une énorme envie de grimper
De remonter en haut y respirer l'air frais.

La montée me semble plus facile qu'autrefois
Je porte sur mon dos, le bout de montagne effondrée
Arrivée en haut, je remets les cailloux à leur place
C'est alors que j'aperçois en bas un tout petit enfant
Qui d'un signe me demande... s'il peut monter .

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